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20.07.2007

L’auto-destruction des chiraquiens

Les chiraquiens, que beaucoup croyaient avoir oubliés, reviennent sur le devant de la scène par le biais des affaires judiciaires qui ont empoisonné le règne de l’ancien président, comme si une entreprise d’auto-destruction était en cours. Et Jacques Chirac, en une du Monde, de plaider pour une certaine indulgence à l’égard des responsables de partis que la justice accuse d’avoir financé leurs activités politiques de façon illégale. Soyons justes, des emplois fictifs ne peuvent être comparés à l’activité criminelle de narco-trafiquants. En revanche, malgré le vote de quatre lois successives, de nombreux politiques ont continué à pratiquer ce qui ressemblait fort à de « l’abus de bien social ». En haut de la pyramide, l’ancien chef de l’Etat, dont de nombreux lieutenants, tels Michel Roussin ou Alain Juppé, ont été sacrifiés à cause de ces pratiques douteuses, a accepté de comparaître devant la justice pour s’expliquer. C’est une première même si l’audition organisée dans ses bureaux, afin de conserver un minimum d’égards envers la fonction, ne couvre que la période précédant son élection de 1995. Pour ses deux mandats et en particulier pour l’affaire Clearstream qui prend un tour de plus en plus ténébreux, Jacques Chirac ne répondra pas aux juges en arguant de son immunité constitutionnelle. Dominique de Villepin pourrait être tenté d’adopter le même système de défense en expliquant que ses actes et, en particulier, une éventuelle manipulation visant Nicolas Sarkozy, relèvent de la Haute Cour de Justice puisqu’ils ne sont pas détachables de sa fonction de l’époque. Ce ne serait pas forcément le meilleur système de défense. Compte tenu des affirmations contradictoires de MM. Gergorin et Lahoud, qui se renvoient la balle, il n’est pas certain que l’ancien Premier ministre ait grand chose à craindre d’une juridiction de droit commun, qui aura du mal à prouver que Dominique de Villepin ait orchestré cette manipulation. En revanche, un passage en Haute Cour, qui serait là aussi une première, transformerait définitivement cette affaire en procès politique de nature à le poursuivre durant de longues années. L’affaire Clearstream étant à Villepin ce que fut celle de l’Observatoire pour Mitterrand, le choix de ses avocats sera décisif.

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