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04.07.2007

Une fonction en voie de liquidation

Ce fut un non-évènement. Hier, il n’y avait pas la fièvre des grands jours au Palais-Bourbon. On avait connu des discours de politique générale engendrant par le passé de belles bousculades dans la salle des Quatre Colonnes. Edith Cresson ou Dominique de Villepin avaient suscité une réelle curiosité. Cette fois, c’était du genre encéphalogramme plat. Non pas que la prestation de François Fillon ait été ratée. Son intervention était à son image, sobre, sans grande passion hormis une envolée lyrique à la fin citant Victor Hugo, Clemenceau, Gambetta, de Gaulle et Camus. Une petite resucée du discours de Nicolas Sarkozy à la porte de Versailles le 14 janvier dernier, inspirée par sa plume Henri Guaino que le Premier ministre semble trouver un peu polluante au plan médiatique. Au même titre que le porte-parole David Martinon ou le secrétaire général Claude Guéant, qui envahissent désormais les ondes en lui faisant concurrence. Chahuté par une opposition très dissipée face à laquelle le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, semblait quelque peu désemparé, le chef du gouvernement finissait néanmoins par s’imposer en raison de la clarté de son propos. En particulier sur les conséquences de la mondialisation insuffisamment expliquées aux Français et ayant de ce fait aggravé la fracture avec la classe politique. Reste que le programme ayant été largement défloré par le président lors de ses multiples interventions, le spectacle ne contenait guère de révélations, tout au plus des précisions. « L’effacement de l’Elysée par rapport à Matignon est préoccupant pour l’esprit de nos institutions » nous confiait sous Villepin celui qui s’était autoproclamé directeur de cabinet de Sarkozy, furieux d’avoir été viré du gouvernement malgré le succès de sa réforme des retraites. Le rééquilibrage s’étant produit au delà sans doute de ce qu’il pensait, présidentialisation du régime oblige, il reste à savoir si la liquidation politique de la fonction est engagée. Le Premier ministre sera sans doute mort le jour où le président viendra s’exprimer lui-même devant les députés, le reléguant au rôle subalterne d’un vice-président à l’américaine.

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