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20.06.2007

Ouverture et virage libéral

Ca n’a pas traîné. Jean-Louis Borloo, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, a repris le poste désormais vacant d’Alain le maudit dont les Bordelais n’ont pas voulu. Sans doute l’écologie sera t-elle plus adaptée à cet esprit scintillant et anti-conformiste que les fonctionnaires de Bercy commençaient déjà à prendre en grippe.
Un impact purement cosmétique
Surtout, la nomination de Christine Lagarde au ministère des Finances secondée par Hervé Novelli comme secrétaire d’Etat, marque t-elle un virage libéral assumé qui ne correspondait pas au profil de Borloo. Rompue aux négociations internationales et issue du monde de l’entreprise, Mme Lagarde aura pour mission d’adapter le pays à la compétition internationale malgré ses faiblesses structurelles dont témoignent les mauvais résultats du commerce extérieur. Reste que les mesures de relance économique devront être financées et que la problématique de la TVA sociale, sur laquelle travaille le secrétaire d’Etat Eric Besson, ressurgira tôt ou tard. En réalité, Nicolas Sarkozy qui sera ce soir sur TF1 devra trancher un nœud gordien : un gouvernement de droite ne peut pas réussir s’il ne baisse pas les impôts et le nombre de fonctionnaires.
La théorie du fusible
Tous les jeux politiciens sur l’ouverture consistant à ramasser ici ou là des éclopés de la gauche apparaissent comme des rideaux de fumée pour habiller ce virage libéral. On a vu, dimanche soir, leur peu d’impact sur l’opinion. L’entrée au gouvernement de Jean-Marie Bockel, réputé « blairiste », s’ajoutant aux autres « débauchés » n’aura à terme qu’un impact purement cosmétique. Ce sont les résultats qui feront la différence. C’est pourquoi l’entourage du président entend limiter la portée de ce 2 e tour un peu décevant en forçant l’allure. L’idée de lancer des projets de lois en cascade comme autant de fumigènes, peut certes désorienter les oppositions et les empêcher de se cristalliser sur un sujet précis. Il n’empêche, c’est la cohérence du projet économique de François Fillon qui sera déterminante. Lequel, suivant l’exemple de son maître, a bien compris qu’il pouvait appliquer la théorie du fusible à ses ministres.
Par Hubert Coudurier

08:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Louis Borloo, Alain Juppé, Hubert Coudurier