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19.06.2007
Gouverner et communiquer
Au-delà de l’euphorie un peu forcée de la gauche, le score réduit de l’UMP au deuxième tour des législatives n’est pas sans vertu pour la droite. Tout d’abord, il va permettre à l’opposition de jouer son rôle au sein d’une institution parlementaire revigorée, ce qui n’était pas acquis compte tenu que le quinquennat aurait pu la réduire à une chambre d’enregistrement. Or, mieux vaut des débats vifs à l’Assemblée et des commissions d’enquête parlementaire à l’image du Congrès américain que cette tendance française à vider les affrontements idéologiques dans la rue, en court-circuitant les corps intermédiaires. Par ailleurs, ce signal qui vaut avertissement pour la droite va l’inciter à affiner son discours pour que la réforme profite à tous et ne se limite pas à quelques cadeaux fiscaux. « Les Français qui ont voté pour nous ne veulent pas qu’on soit prudents, sinon on les perdra » juge l’un des ministres du gouvernement Fillon. Il n’empêche, le cafouillage de la TVA sociale marque un bug de communication et pose le problème du maintien de Jean-Louis Borloo à Bercy. Elu sur un programme de baisse du poids de la fiscalité pour relancer l’économie, Nicolas Sarkozy peut-il envoyer des signaux contradictoires à l’opinion ? Au risque, comme on l’a vu, de démobiliser son camp et de copier son comportement sur celui de Jacques Chirac trahissant ses promesses de campagne, à peine arrivé à l’Elysée.
Enfin, bon nombre de jeunes pousses de l’UMP se sont révélées trop tendres pour affronter le camp adverse soit dans leur circonscription, soit sur les plateaux de télévision. Les nouveaux secrétaires d’Etat devront donc être à la fois des hommes ou des femmes de terrain et de communication, à l’image des députés Yves Jego, Luc Chatel, Nadine Morano ou Renaud Dutreil (sur lequel Fillon a mis un veto). Reste que sa séparation officialisée avec François Hollande affaiblit Ségolène Royal, plus en défense qu’en initiative dans son projet de conquête du PS qui risque fort de se refermer sur lui-même et de figer la situation après avoir sauvé les meubles. Quitte à empêcher la modernisation de la société française.
08:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hubert Coudurier, politique, gouvernement








