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20.05.2007
Festival de Cannes. Business et paillettes
Avant d’embarquer dans l’avion Paris-Nice, Michel Drucker reconnaît, dans la foule des passagers, l’acteur Jean-Claude Van Damme, spécialiste des films de karaté. Les deux hommes se congratulent. Venu au 60 e festival présenter son émission « Tenue de Soirée », l’animateur de France 2 participe du spectacle cannois où coexistent, sans vraiment se voir, badauds et stars. Lesquelles se réfugient pour beaucoup à l’hôtel Eden Roc d’Antibes, moins exposé que Le Carlton ou Le Majestic sur la Croisette, loin des paparazzi qui n’hésitent pas à louer des bateaux gonflables afin de les pister.
Le rôle essentiel de Canal Plus
Même si la télévision diffuse aujourd’hui de plus en plus de séries, l’industrie du cinéma lui est encore redevable d’avoir financé son développement. Particulièrement en France où Canal Plus aura joué un rôle essentiel. La chaîne cryptée, dont le P-DG Bertrand Méheut assistait, jeudi soir, à la projection de « Zodiac », l’histoire d’un tueur en série dans les années 70, en Californie, réalisée par David Fincher, auteur de « Seven ». Canal Plus dépense plusieurs millions d’euros à Cannes et organisait, cette année encore, sa grande fête, sur les hauteurs de la ville, à laquelle tous les « happy few » du festival se bousculaient pour croiser, entre autres, David Lynch et Gong Lee. Car le 60 e festival est devenu plus que jamais un lieu de rencontres triées sur le volet, auquel participait cette année, signe des temps, le patron de la CGT Bernard Thibault. La moindre projection suppose un badge dont la couleur permet de canaliser les journalistes par ordre d’importance. Les plages constituent désormais un espace privatif envahi de restaurants gardés par des cerbères soupçonneux qui veillent sur la tranquillité des starlettes ou des producteurs venus conclure leurs contrats. Parmi eux, le Breton Patrick Godeau, producteur de « Camping » (cinq millions d’entrées) et des films de Chabrol (notamment sur l’affaire Elf) dont le dernier né vient d’être sélectionné pour Venise. Symbole de la mondialisation
On oublie souvent que Cannes fut créé en 1939 par un fonctionnaire du Quai d’Orsay, sous le parrainage de Louis Lumière, pour contrer le Festival de Venise lancé par Mussolini. Interrompu durant la guerre, Cannes se relance en 1946 mais à l’époque sous tutelle publique, chaque pays présentant son film dans une démarche quasi diplomatique. Robert Favre-Lebret, le premier président, et Gilles Jacob, son délégué général, obtiendront finalement de procéder par eux-mêmes à la sélection, transformant le festival en un grand marché des images et devenant ainsi le symbole de la mondialisation singulièrement américaine. Mais pas seulement, comme en témoigne l’arrivée en force du cinéma indien de Bollywood. Une rampe de lancement
Au-delà du sponsoring des marques et du business entourant l’événement cannois, le festival, avec ses 3.000 journalistes, demeure une formidable rampe de lancement pour les films, comme on a pu l’observer l’an dernier avec le « Da Vinci Code ». Cette année, « My Blueberry Nights », du réalisateur de Hong- Kong, Wong Kar-Waï, tourné pour la première fois en anglais, réunit tous les ingrédients d’un succès planétaire. À savoir une gentille bluette racontant la rupture amoureuse d’une jeune fille (Norah Jones), avec Jude Law, quittant New York pour Memphis où elle rencontrera un flic alcoolique, lui aussi abandonné par sa femme. Tout comme le film ddes frères Coen, présenté samedi soir, qui se passe à la frontière séparant le Texas du Mexique où les trafiquants de drogue ont remplacé les voleurs de bétail. Tiré d’un roman de Corman Marc Carthy, « No country for old men », une légende de la littérature américaine contemporaine, est une réflexion sur la violence des temps modernes autour de la figure traditionnelle du shérif, incarné par Tommy Lee Jones. Dans un autre genre, Michael Moore, le féroce critique des années Bush, était venu à Cannes pour « Sicko », son nouveau documentaire sur les dérives de la Sécu américaine. Des acteurs engagés
Autre production américaine très attendue : « Ocean’s 13 », avec George Clooney et Brad Pitt (après « Ocean’s 11 » et « Ocean’s 12 »), dont l’action se déroule à nouveau à Las Vegas et en présence, cette fois, d’Al Pacino qui fait sa première apparition. Nul doute que les deux principaux acteurs, très engagés dans la cause humanitaire du Darfour, se servent de Cannes comme d’une caisse de résonance. Ils ne sont pas les seuls : Leonardo DiCaprio ne présentait-il pas, hier, « La 11 e Heure, Le Dernier Virage », son documentaire sur le réchauffement climatique ? Confronté au déferlement du show-biz, le cinéma d’auteur, qui était à l’origine la vocation de Cannes, a bien du mal à surnager dans les eaux de la baie.09:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Festival de Cannes, cinéma, film, réalisateur, culture









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