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16.05.2007
Un pape de transition
« Le quinquennat de Chirac, on en retirera pas grand-chose. Qu’est-ce qu’il a fait ? Quand vous êtes président de la République, vous n’êtes pas là uniquement pour dire aux Français de se repentir », estime Charles Pasqua dans ses mémoires de compagnon de route (1). Sans doute la manière dont la probité de son lieutenant Jean-Charles Marchiani a été mise en cause n’est pas pour rien dans le jugement acerbe de l’ancien vendeur de pastis qui, devenu ministre de l’Intérieur, voulait « terroriser les terroristes ». Mais, objectivement, le bilan de ces douze ans dont cinq en cohabitation, apparaît bien maigrelet. Hormis la création du Musée des arts premiers et de France 24, la chaîne internationale, Jacques Chirac peut se targuer d’avoir professionnalisé l’armée française, fait baisser le nombre de morts sur les routes, et effectué une demi-réforme des retraites avant de licencier son maître d’œuvre, François Fillon. Accordons-lui aussi une action résolue dans le domaine du logement social conduite par Jean-Louis Borloo pour remédier à son diagnostic de 1995 sur la fracture sociale. Sans oublier une politique étrangère active dont le coup d’éclat restera le refus de suivre les Américains en Irak, intuition dont on peut aujourd’hui se féliciter. Pour le reste, Jacques Chirac aura constamment réaffirmé les principes républicains en refusant notamment le principe de la discrimination positive. Tout en se livrant à une gestion compassionnelle de chaque instant, qui est apparue comme le revers de ce qu’un universitaire qualifie de « gaullisme de l’impuissance ». Dévoilant sur le tard sa vraie nature de « rad-soc », le président aura cumulé les avantages et les inconvénients d’exercer la magistrature suprême à un âge avancé, évitant au pays des aventures inconsidérées, gérant les émeutes urbaines avec humanité, mais manquant de dynamisme dans sa volonté d’empoigner les problèmes à bras-le-corps. Comme si cet héritier des « Trente glorieuses » n’avait pas pris la mesure des mutations imposées par la mondialisation. Toutefois, malgré l’echec du référendum européen ayant assombri la fin de son dernier mandat, Chirac aura réussi sa sortie et laissera l’image d’un pape de transition entre deux époques. (1) Charles Pasqua. « Ce que je sais » (Les atrides 1974-1988). Le Seuil. 19 euros
09:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jacques Chirac, président









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