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22.04.2007
L' instinct du choix
Inutile d’appeler nos concitoyens à voter, ils sont déjà archimobilisés comme si la prise en compte des enjeux les stimulait. Après une succession d’électrochocs, du 22 avril 2002 aux émeutes urbaines, en passant par le référendum européen, les Français sont conscients, à travers ce renouvellement de générations, d’un changement d’époque. À tout le moins, il y a là le signe d’une vitalité démocratique qui devrait nous rassurer sur un pays ayant le tort de sous-estimer ses atouts. Si l’on peut parler d’une certaine américanisation des joutes électorales, le marketing politique demeure néanmoins beaucoup plus discret qu’aux Etats-Unis, les campagnes négatives à la télévision n’ayant pas droit de cité en France. Si la psychologie des candidats paraît désormais mieux étudiée, cette campagne aura évité, du moins jusqu’au premier tour, la personnalisation à outrance au détriment des programmes. Qui peut dire que les principaux problèmes ne furent pas évoqués de façon parfois fugace au gré d’un zapping permanent sur les thèmes de campagne ? À l’évidence, la France a aujourd’hui besoin d’un bon manager pour éviter de glisser sur la pente du déclin car le modèle français n’en est plus un. Reste à savoir celui ou celle qui sera le plus déterminé et qui aura le meilleur savoir-faire pour rendre la confiance au pays. Tout en lui permettant de regarder l’avenir sans peur excessive.
Ce tournant à prendre, il revient aux politiques de l’expliquer mais la mise en œuvre sera le fait des Français. En effet, la France a besoin d’un bon pédagogue mais les citoyens restent avant tout les acteurs d’un changement qui est à l’œuvre de façon continue et souvent imperceptible.
En modernisant la droite, Nicolas Sarkozy a incité Ségolène Royal à bousculer la gauche. Et François Bayrou à redonner au centrisme un éclat qu’il avait perdu. Nous verrons bien dans quel ordre ils seront présélectionnés ce soir. À travers ce rituel symbolique de l’élection à la magistrature suprême, c’est désormais votre instinct qui fera la différence pour choisir au-delà des mots et des promesses.
08:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élection présidentielle, campagne, politique, vote, nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou








