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28.03.2007
Sarko-Borloo : embrassons-nous Folleville !
Afin de minimiser le ralliement du ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale à Sarko, Bayrou a estimé que Borloo devait avoir des doutes pour avoir attendu le dernier moment. En réalité, l’ancien avocat d’affaires est un redoutable négociateur. Attendre lui a permis d’observer l’évolution des rapports de force. Nicolas Sarkozy a d’abord été affaibli en raison des doutes exprimés par Pierre Méhaignerie sur la crédibilité de son programme économique. Puis déstabilisé par l’effet Bayrou alors que son entourage niait l’évidence en évoquant le syndrome Chevènement. Et, enfin, pour compenser la percée au centre du candidat de l’UDF, il a effectué un virage à droite au nom de l’identité nationale au risque de faire monter Le Pen. A moins que la manœuvre ait définitivement permis de fixer le score du président du FN en dessous de 15 %. La stratégie du président de l’UMP ayant à ses yeux le mérite d’entraîner Ségolène Royal sur son terrain. Celui de la nation et du drapeau dans lequel elle se dépêtre aujourd’hui puisqu’il ne correspond pas aux traditions de la gauche. Témoin : la polémique en raison de sa position finalement rigoureuse sur les sans-papiers. Toujours est-il que Jean-Louis Borloo entre en scène au bon moment pour rééquilibrer la campagne de Nicolas Sarkozy.
Proche des syndicats et caution de centre-gauche du gouvernement Chirac, toujours un peu coupable de ne pas avoir résorbé la fracture sociale, Borloo a réalisé 70.000 constructions de logements sociaux là où la gauche n’en faisait que 20.000. Ségolène Royal ayant surenchéri à 100.000 sans que l’on sache avec quels moyens, voilà le ministre de la Cohésion sociale prêt à promettre un plan Marshall (référence à l’aide américaine d’après-guerre) pour les banlieues plus un chômage ramené à 5 % dans les cinq ans. Et voilà nos deux compères à nouveau bras dessus bras dessous après un dîner en Avignon où Nicolas s’est dit « totalement en confiance avec Jean-Louis ». De là à lui promettre Matignon pour rassurer ceux qu’inquiète son programme qualifié de néo-reaganien ! Nous ne sommes pas loin du vaudeville de Labiche : embrassons-nous Folleville !
08:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier, UMP, Parti radical








